Une nouvelle publication après quelques temps d’absence, la fin d’année a été particulièrement active, je n’ai donc pas eu beaucoup de temps pour alimenter le blog. J’en profites donc pour vous souhaiter une bonne et heureuse année 2010, mieux vaut tard que jamais
Aujourd’hui, je vous propose d’analyser les évolutions en terme d’usages des médias sociaux entre 2007 et aujourd’hui sur la base du Social Technographics Ladder proposé par Forrester.
État des lieux réalisé par Forrester en 2007 :
En 2007, Forrester nous présentait son Social Technographics Ladder. Un graphique sous forme d’échelle pour présenter les différents groupes d’internautes en fonction de leurs degrés d’implication sur les médias sociaux. Cette segmentation comprenait 6 groupes :
- Les créateurs (13%) : Publication de page web, d’articles, etc.
- Les critiques (19%) : Commentaires, évaluation produit, etc.
- Les critiques (19%) : Commentaires, évaluation produit, etc.
- Les suiveurs (19%) : Utilise les réseaux sociaux de type Facebook.
- Les spectateurs (33%) : Consulte des blogs, regarde des vidéos, etc.
- Les inactifs (52%) : Aucune des autres activités.
Au moment de sa publication, cette segmentation était plutôt pertinente mais aujourd’hui les choses ont évolué. Si vous avez suivi cette industrie les derniers mois, vous avez certainement entendu parler de la statusphère. Thème introduit par Brian Solis du blog de référence TechCrunch. La statusphère désigne l’ensemble du territoire digital composé des messages publiés sur Facebook, Twitter, Friendfeed, etc.
Les conversations gagnent du terrain :
Forrester nous propose aujourd’hui une nouvelle version de son Social Technographics Ladder pour s’adapter à la démocratisation de l’usage des statuts. Pour cela, il nous propose un échelon / groupe supplémentaire, les « Conversationnalists ».

Ajoutons y quelques données démographiques :

Bien évidemment cette publication a fait naître des réactions de la part d’experts, à l’image de l’article de Jason Falls intitulé « Apparently, it was all about conversation ». Il émet un doute quant à la hiérarchie proposée par le célèbre institut, d’après lui publier des critiques demande plus d’engagement de la part des utilisateurs que de publier un statut régulièrement.
D’un point de vue personnel, je trouve effectivement qu’une critique bien construite / argumentée demande un effort plus important d’un point de vue « rédactionnel ». Cependant le fait de publier régulièrement des statuts réléve plus de l’engagement d’un utilisateur dans une communauté. Je pense en fait que Forrester a voulu valoriser cet engagement dans le temps. Qu’en pensez-vous ?
Quelles sont les évolutions majeures ?
Revenons à cette nouvelle version du Social Technographics Ladder et comparons les chiffres à la version de 2007. Quelles sont les évolutions majeures ?
- Des internautes de plus en plus actifs sur les médias sociaux : Hors mis les inactifs chaque échelon présenté dans cette segmentation s’est considérablement développé. Cela veut dire quoi ? Les médias sociaux se sont intégrés au fil des mois dans le quotidien des internautes qui les utilisent de plus en plus pour se distraire, discuter / échanger, s’informer, partager des retours d’expériences, etc. Pour synthétiser, cela veut dire que les discussions prennent de plus en plus de place sur le web.
- La population des inactifs se réduit considérablement : Les inactifs représentaient 50% des internautes, aujourd’hui, ils ne représentent plus que 17%. L’évolution est majeure, elle est le signe d’une adoption massive des médias sociaux. Ces données viennent confirmer qu’une grande partie des annonceurs ne peuvent plus envisager de faire l’impasse sur une présence dans les médias sociaux et le développement d’une posture conversationnelle.
- Les médias sociaux ne sont pas réservés aux ados : La moyenne d’âge observée sur chaque segment est comprise entre 36 et 51 ans.
Ces évolutions sont importantes et cela en quelques mois finalement. Je me rappelle justement en 2007/2008 que beaucoup se questionnaient encore sur l’utilité des médias sociaux pour l’entreprise. Ces chiffres devraient permettre d’accorder certains violons ne pensez vous pas ?
Source : Forrester – New Social Technographics Ladder
Crédit image : Business Week
Popularity: 22% [?]
Antonin Cohen-Adad
22 janvier 2010:
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Merci pour ces chiffres intéressants, bien d’accord avec toi : l’utilité des médias sociaux en entreprise n’est plus à démontrer à la vue de ces statistiques. J’entends encore des gens me dire « mais Facebook c’est pour les ados, ya pas de business à faire là bas » alors que la majorité des utilisateurs ont entre 20 et 35 ans
Là ou ça devient intéressant c’est qu’en plus les internautes deviennent de plus en plus actifs sur les médias sociaux, une preuve de plus qui peut laisser penser que ce n’est pas qu’une mode mais bien une tendance qui va surement encore s’amplifier.
Solofo Rafenombolatiana
23 janvier 2010:
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Bravo encore pour la synthèse.
On voit bien la bonne tendance de pénétration mais il est quand même inquiétant de constater que c’est encore une histoire de « riches »:
- revenu moyen du foyer d’utilisateurs à $70K (50K€).
Est ce que 70% d’internautes US ont un tel revenu? Bizarre mais peut être que je suis mauvais en croisement des chiffres.
Quand à la percée des réseaux sociaux dans les entreprises, je ne pense pas que cette étude en dise vraiment quelques choses de direct. éclairez moi si je me trompe
sylvain.gueguen
23 janvier 2010:
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@Salofo : Merci pour ton commentaire ! Je n’ai effectivement pas soulevé ce point dans la synthèse mais c’est vrai que les salaires moyens soulevés dans cette étude sont supérieurs au salaire médian d’un ménage aux USA qui était de 50,233.00 $ en 2007. Mais je ne sais pas comment l’interpréter… soit on se dit effectivement que le panel de Forrester était cohérent et donc les utilisateurs de médias sociaux sont plutôt des personnes aux revenus plus important que la moyenne. A priori ce n’est pas le cas, puisque les inactifs ont un salaire moyen par ménage relativement important aussi. Ce qui nous laisse donc penser que les internautes américains ont niveau de vie plus importants que la moyenne nationale… Bref, il faudrait creuser la question mais tu as raison de mettre en avant ce point.
Sur ta deuxième question, effectivement cette étude ne dit pas que les entreprises vont s’y mettre de manière explicite. Cependant, elle montre clairement que les médias sociaux ont pris une place importante dans le quotidien des internautes. Comme tu le sais les entreprises elles veulent faire passer un message aux internautes / consommateurs, face à de tels chiffres, elles ne pourront pas passer à côté du potentiel qui leur ait offert.
Tu crois pas ?
Solofo Rafenombolatiana
23 janvier 2010:
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Il faut continuer à creuser cette histoire de haut niveau de revenu des utilisateurs de réseaux sociaux (prétendue par Forrester); sachant qu’étant donné le haut niveau de taux de pénétration d’internet aux US et en Europe (combien: 80% des foyers?), ce serait bizarre que plus de la moitiés des foyers gagnent 50K€ (73%*80%).
Quant aux problématiques des entreprises, je pense sincèrement que la majorité d’entre elles réagiront sous la pression:
- soit suite la dégradation de leurs images sur la toile (les banques, les opérateurs telecom, les entreprises de servicescomme la RATP, la SNCF, …)
- soit des entourages des dirigeants: quand les enfants des DG trouveront la boîte à Papa ou Maman ringuarde, car on ne peut pas ‘converser’ avec, les projets pleuveront
Solofo
sylvain.gueguen
23 janvier 2010:
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Je suis d’accord c’est étonnant à mon avis le problème se situe au niveau du panel de Forrester mais je n’arrive pas à y accéder, l’étude complète est payante… Comme tu le dis, le taux de pénétration du web là bas est important, c’est donc étrange …
Peut être elles réagiront sous la pression ou plutôt sur la prise de conscience effective du phénomène à travers des situations comme tu as cités en exemple ou bien de la pédagogie. En tout cas, c’est ce que j’essaie de faire dans le cadre de mes fonctions
. Bien évidemment j’ai aussi rencontré des entreprises qui s’y mettaient sous la pression de critiques négatives.