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Pourquoi n’y a-t-il pas plus de fleurs bleues ?

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de fleurs bleues ?

Vous aurez sûrement remarqué que les fleurs bleues intense que vous voyez dans des pépinières de détail ne sont pas naturelles. Il en est de même pour celles des magasins de boîtes et dans les rayons floraux des épiceries ne sont pas naturelles. En effet, les fleurs d’orchidées n’ont pas ce type de couleur naturellement. Généralement, elles sont blanches et leur couleur provient des colorants utilisés par les phytogénéticiens.  

Les plantes produisent rarement des fleurs bleues

David Lee, auteur de “Nature’s Palette” : The Science of Plant Color” déclare que “le bleu est une couleur peu fréquente dans la nature”. Il poursuit en disant que “moins de 10 % des 280 000 espèces de plantes à fleurs produisent des fleurs bleues”. Notons que David Lee est un professeur à la retraite du département des sciences biologiques de l’université internationale de Floride à Miami.                                                                                                                                

Récemment, un groupe de scientifique a déclaré avoir réussi à modifier génétiquement des chrysanthèmes pour en produire des fleurs bleues. Après cette première, Naonobu Noda déclare que « les chrysanthèmes, les roses, les oeillets et les lis sont des plantes floricoles importantes, mais ils n’ont pas de cultivars de fleurs bleues ». Il continue en disant qu’ “aucun n’a été capable de générer un cultivar de fleur bleue par une technique de sélection générale”. Notons que Naonobu Noda est l’auteur principal de l’étude puis scientifique à l’Organisation nationale de recherche agricole et alimentaire du Japon, à M. Gizmodo. 

Pour obtenir les fleurs bleues, il faut fusionner plusieurs gènes

Pour les raisons évoquées par Naonobu Noda ci-dessus, les chercheurs ont dû trouver d’autres solutions. Ils ont pris des gènes de deux autres plantes produisant des fleurs bleues pour les mélanger aux gènes des chrysanthèmes. Les chercheurs ont choisi pour leurs expériences des pois papillon et des cloches de Canterbury. Expérience qui a plutôt marché selon les résultats. M. Gizmodo rapporte d’ailleurs que la couleur qui résulte de ce brassage de gène est le fruit d’une “co-pigmentation”. C’est une interaction chimique intra-florale. Les chercheurs espèrent que cette expérience, permettra également à rendre bleues d’autres fleurs populaires. 

Pourquoi le bleu est-il si peu présent dans les fleurs ?

  1. Lee déclare qu’ »il n’y a pas de véritable pigment bleu dans les plantes, donc les plantes n’ont pas de moyen direct de produire une couleur bleue ». « Le bleu est encore plus rare dans les feuillages que dans les fleurs » ajoute-t-il. En effet, « seule une poignée de plantes tropicales de sous-bois ont un feuillage vraiment bleu. » souligne-t-il.

Les scientifiques affirment que pour obtenir des fleurs bleues, les plantes faisaient des tromperies florales avec des anthocyanes. Ces derniers sont des pigments végétaux très connus par les amateurs de l’alimentation saine. En effet, le cyanidin-3-glucoside est un antioxydant très puissant. A ce sujet, M. Lee déclare que « C’est l’anthocyanine la plus commune dans les feuilles rouges et les roses rouges et elle est vendue dans le commerce des aliments de santé sous le nom de C3G ». 

Comment obtenir les fleurs bleues ? 

Le pigment d’anthocyanes rouge est l’ingrédient clé de la fabrication des  fleurs bleues. Selon M. Lee “les plantes modifient les pigments d’anthocyanes rouges pour faire des fleurs bleues”. Il affirme qu’ ”elles le font à travers une variété de modifications impliquant des changements de pH et le mélange de pigments, de molécules et d’ions.”. Ses propos sont justifiés par les propos des scientifiques japonais ayant créé le chrysanthème bleu. Ils déclarent que leurs expériences ont été faites via une « modification en deux étapes de la structure de l’anthocyanine ».

Les scientifiques ont procédé à des modifications compliquées qu’ils ont ensuite combinées à la lumière pour obtenir la couleur bleue à la surface. Les résultats de recherche sont spectaculaires sur les bleuets, les gloires du matin, les fleurs de jour, des hortensias, des agapanthes, des clochettes bleues, des plumbagos, des delphinums, etc. Même si nous sommes habitués à des fleurs aux teintes de violet, de rouge, d’orange, de jaune et autre, les pollinisateurs sont convaincus que les  fleurs bleues peuvent exister en plus grand nombre. 

Quel est l’enjeu autour des fleurs bleues ?

Le nombre faible des fleurs bleues ne semble pas dissuader les scientifiques. M. Lee déclare que “les insectes et les oiseaux peuvent largement détecter le bleu comme une longueur d’onde ». En effet, les insectes recherchent essentiellement une récompense comme de la nourriture. Les  fleurs bleues peuvent parfaitement jouer ce rôle autant que les fleurs d’autres couleurs. 

Le véritable défi pour créer des fleurs bleues se situe au niveau du commerce horticole. Dans ce secteur, il y a un intérêt commercial particulier autour de la base chimique des feuilles bleues dans la nature. En effet, la plupart des célèbres fleurs de jardin comme les roses, les mufliers et les tulipes ne produisent pas des pétales bleues. Les scientifiques font donc des efforts pour obtenir par exemple des roses bleues. 

Les expériences diffèrent d’une espèce de fleur à une autre

Malgré toutes les expériences déjà faites, les chimistes n’ont réussi qu’à faire une rose violette a dit M. Lee. Pour le faire, ils ont utilisé de la delphinidine. Il s’agit d’un pigment qui agit sur les altos bleus et les delphiniums. Notons qu’il en va de même pour les oeillets. 

Par contre, la procédure utilisée par les horticulteurs pour obtenir  fleurs bleues intense sont différente de la méthode de la teinture utilisée sur les orchidées. Les horticulteurs utilisent généralement la biotechnologie pour créer la chose la plus inhabituelle dans le commerce des pépinières. Leur approche défie totalement ce que la Mère Nature nous a donné de voir sur la diversité depuis des lustres. Les  fleurs bleues ne se sont pas développées comme les autres couleurs communes du processus de sélection naturelle. 

Par ailleurs, M. Lee a créé une présentation qu’il a intitulée “La difficulté d’être bleu”. Il l’offre à des groupes de personnes désireuses et aux clubs de jardinage. Il déclare que “ce n’est pas si facile d’être bleu” et “c’est encore plus difficile d’être bleu.”